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dimanche 24 janvier 2010

(Re-) Conquête Elémentaire

(petit inédit tout frais de maintenant... 00h37)


Être l’enfant noyé sous le flot de ses pleurs
Mais émerger enfin des vagues de mémoire
S’élever vers la lune, en nuage, en espoir
Reconquérir les eaux, désaltérer sa fleur

Être l’homme atterré à l’âme ensevelie
Mais reprendre racine où s’enterrent les peurs
Ressemer l’énergie sous celle qui se meurt
Reconquérir la terre et cultiver la vie

Être l’amant brûlé, consumé par sa flamme
Mais conserver la braise au cœur de cendres grises
Ranimer la chaleur en caresses éprises
Reconquérir le feu pour l’offrir à sa Dame

Être fou, étouffé de cris, d’écrits d’adieu
Mais retrouver le souffle et taire l’oraison
S’envoler en parole, en sage déraison
Reconquérir les airs, vents déviés, vous envieux.

Et nous deux.
                        

vendredi 22 janvier 2010

La Nuit, L'Ami



(chanson extraite d'une pièce de théâtre pour enfants, Un Jour La Nuit, jouée pour la première fois par les Femmes S'Entêtent, compagnie théâtrale de Linselles,  le 5 juin 2002. Des extraits -ou l'intégralité?...- de la pièce prochainement sur ce blog!)

Quand la lumière s’éteint, on attend le matin
Bambin n’a plus d’ennui, c’est l’ami de la nuit
Quand le noir de satin l’emporte par la main
Ses rêves ne sont plus gris, c’est l’ami de la nuit

La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Un manteau de folie qui réchauffe la vie
La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Bambin n’a plus d’ennui, c’est l’ami de la nuit

Quand vivent les couleurs dans les yeux du dormeur
Bambin, même à minuit, est l’ami de la nuit
Les rêves n’ont pas d’heure, et Bambin n’a plus peur
L’aujourd’hui se finit, c’est l’ami de la nuit

La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Un manteau de folie qui réchauffe la vie
La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Bambin s’est endormi, c’est l’ami de la nuit

Quand les étoiles veillent, la magie se réveille
La lune est sans souci, c’est l’amie de la nuit
Quand leur enfant sommeille, les parents s’émerveillent
Bambin est endormi, c’est l’ami de la nuit

La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Un manteau de folie qui réchauffe la vie
La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Bambin, grand ou petit, est l’ami de la nuit

Quand les enfants sont grands, qu’ils deviennent parents
On peut croire qu’ils oublient d’être amis de la nuit
Ce sont de grands enfants qui rêvent pour l’enfant
Bambin, leur tout petit, est l’ami de la nuit

La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Un manteau de folie qui réchauffe la vie
La nuit c’est de l’amour, du repos pour le jour
Un grand tour de magie, la nuit reste l’ami

jeudi 21 janvier 2010

Le Règne Passé de l'Araignée


Dans mon jardin à l’abandon
Triste mémoire et feu passion
Se tissent toile où je me perds
Où je vais, les deux font l’épeire.

Là où le désordre a régné
Tout s’est lié pour me piéger
Prenez la fuite, espoirs maudits
Dans les filets de l’araignée !

Dans mes champs vides en jachère
Les chants trop lourds restent à terre
Découpés à coups de regrets
Le faucheux guette dans les prés.

Hurle à la lun’, sombre mémoire
Ou fuis vers l’avant, si tu l’oses
Tu es trop pleine, noire histoire,
Derrière toi court la lycose !

Et pour te noyer dans ta bulle
De solitude, anachorète,
Elle t’enrobe de sa tulle
Et t’y maintient, l’argyronète…

Même en mon home, esprit fermé
Où les recoins sont des refuges
Le rêve enfoui s’autogénère
Et s’y repaît la tégénaire…

Et prisonnier de l’hier-soir
Je sacrifie mes voluptés
Car le mal n’est plus dévoré
Endeuillé par la veuve noire.

Rampez, aujourd’hui, noires reines
Rompez les rangs, fuyez, mourez !
C’est la débacle de mes peines
L’arachnicide à coups de pieds !

mardi 19 janvier 2010

Demon

Relief illustration from Stéphanie V.

Toi, mon Démon, mon diable au corps
Achète-moi, je vends mon âme
Contre la tienne, un simple don
Fait au paradis satanique

Explose mes envies dehors
Prends ma vie pour nourrir la flamme
Embrase mes nuits qui seront
-Méfie-toi- méphistophalliques

Erige notre éternité
Sur cette infernale émotion
Qui joue des feux comme du sang
Qui fait le désir amoureux

Casse ma simple humanité
Démonte-moi, tendre Démon
Et rétablis le doux dément
Le fou aimant, l’amant du feu

Mon âme damnée, éperdue
Se retrouve sans purgatoire
En errance libératrice
Toi, mon Démon, tu m’accompagnes

Dans la traversée de mes nues
Dans ta nudité d’ostensoir
Dans l’amour porté à nos vices
Toi, mon Démon, toi, ma compagne

Laisse ma main gravir tes monts
Mettre tes dessous en dessus
Ma pudeur, je ne sais qu’en faire
Ma peur s’attend à n’être pas

Enflamme-toi, mon doux Démon
Ne sois pas mon ange déçu
Dans notre montée aux enfers
Vers le plus léger des trépas


dimanche 17 janvier 2010

L'Enfant (Attente, seconde partie)


illustration. Stéphanie V.

Attends encore, un peu, beaucoup, à la folie, c’est sûr
Rêve le corps, compte les jours, tu leur souris, c’est dur
Patiente un peu, beaucoup, encore, n’y pense plus, c’est lent
Le petit dieu n’est pas d’accord, l’être attendu, l’enfant

Trois après deux, c’est évident, comptes-y bien, allons
Même par jeu, tuer le temps, veiller demain, c’est long
Suis l’avenir, mais ne cours pas, caresse-le, le vent
Il va te dire où est le roi, le petit dieu, l’enfant

Un peu de foi, un peu de peur, de doute aussi, c’est vrai
Réveille-toi, le boum au cœur, elle a dit oui, c’est fait
Attends toujours, elle t’attend, tant de chaleur, attends
Pour l’autre amour, l’autre serment, l’autre bonheur, l’enfant

Pense-z’y moins, aux pas à faire, aux temps d’après, devant
C’est beau, c’est loin, un bel enfer, des feux mêlés, du sang
Trop loin, trop flou, futur étrange, mais il est là, présent
Le diable doux, le petit ange, ton au-delà, l’enfant

Dans tes pensées, tu donnes amour, tu te laisses père, en vain
Attends les faits, l’instant, le jour, l’ivresse chère, enfin
L’imaginaire que tu aimes, là, te ment, attends
Le conte offert, le vrai poème, le roman, l’enfant

jeudi 14 janvier 2010

Une Journée d'Automne Ensoleillée

Aujourd’hui, le soleil -un peu froid- se dessine

Des contours incertains et des rayons pluvieux.

Un troupeau clairsemé de gouttelettes fines

Fait pleurer la fenêtre où s’évadent mes yeux.


Et j’entends les oiseaux qui chantent leur départ

Au silence du vent qui calme ses assauts.

Partir c’est pour mourir, chuchote ma mémoire,

Ou pour mieux revenir, sussurent les oiseaux.


L’arbre, lui, se dévêt en lente mise à nu

De ses feuilles en larmes laissées en poèmes.

Ses doigts accusateurs sont pointés vers les nues

Mais ses feuilles en pleurs savent bien qu’il les aime.


Au-delà de ma vue, au brouillard de mes songes,

Des fantômes de toits survolent des foyers,

Couvrant au gré du temps des amours qui se rongent,

Qui se perdent, se trouvent, en vie, endeuillées.


Derrière cette vitre, et sous mon propre toit,

Je veux comme l’oiseau chanter contre le vent,

Crier contre le ciel comme l’arbre géant,

Et gagner le soleil comme un dieu, comme un roi !…


Et vivre le soleil, comme un fou, comme un hère,

Comme une quête unique, une foi douloureuse.

Vouloir cette lumière étonnante et douteuse,

Aimer celle que j’aime, en richesse, en misère.


Et maintenant, là-bas, derrière la fenêtre,

Un peu seule, un peu loin, c’est elle que je vois.

La voix de mes éveils me dit : « Va, pour renaître,

Va prendre le soleil, quitte à prendre un peu froid ».

L'Art du Rêve raconté aux Grands Enfants

d'après la Grande Glaneuse de Basidiomycètes, de Michel Michaux (c)

Voici l’heure des fous où les rêves dérivent

En mystères légers et vibrantes énigmes,

L’heure immobilisée qui tue les paradigmes

Et génère des touts et des riens qui s’avivent.

C’est là l’instant aimé, l’âme des créateurs,

La nuit des inconscients, le jour des insensés,

C’est là le temps donné aux arts libérateurs

La voilà doucement, la Glaneuse, l’osée.


Pour qu’elle glane, ami, scelle tes yeux d’en nuits

Et dans un souffle épris, effleure la bougie

Effeuille la bougie, érige tes folies

Pour qu’elle glane, ami, la faucheuse d’ennui


Voici le pays, sage, à l’orée des raisons,

Le pays des possibles et des rendez-vous,

Paysage indicible aux dessus sans dessous,

La patrie du partage aux larges horizons.

C’est là, entre deux eaux d’un ciel océanique,

De caresses en vagues, vagues silencieuses,

C’est là ce lieu non clos donné aux romantiques,

A l’esprit qui divague… Voilà la Glaneuse.


Pour qu’elle glane, ami, scelle tes yeux d’en nuits

Et dans un souffle épris, effleure la bougie

Effeuille la bougie, érige tes folies

Pour qu’elle glane, ami, la faucheuse d’ennui


Voici le promeneur de ces heures promises,

Chromatique pierrot en habits d’univers,

Meneur d’arts sans repos, et son poisson lunaire,

Tôt ou tard, en douceur, contre les mines grises.

C’est l’espace courbé de songes éphémères,

Le règne des envers sur les vies sans aura.

C’est là l’être nimbé de fois en bandoulière

Et d’espoirs entrouverts : la Glaneuse, voilà.


Pour qu’elle glane, ami, scelle tes yeux d’en nuits

Et dans un souffle épris, effleure la bougie

Effeuille la bougie, érige tes folies

Pour qu’elle glane, ami, la faucheuse d’ennui


Voici l’onde essaimée en ces fleurs suspendues,

Et la drogue savante en ces pieds entêtés,

Mondes semés qui chantent loin des vérités

Et poussent en sommets de démentes vertus.

C’était là la très grande, onirique compagne

Des mirages bleutés visités en candeur ;

C’était la sarabande de mots de cocagne,

D’images habitées, la Glaneuse, l’Auteur.


Attente


Illustration: Michel MICHAUX (c) 2009



A tant te désirer, mon tout, mon tout petit
Mon tout petit ensemble semble ÊTRE déjà
A tant déjà t’aimer, petit, petite fille
Je fais fi de mon être pour naître papa

A tant te voir grandir sous son ventre espéré
Je défie mes raisons pour un proche horizon
A tant te ressentir en son sein prospérer
Je te donne mes sens, les sens de notre union

A tant t’avoir parlé par les temps de mes songes
Mensonges à passer, même furent-ils vrais
A tant t’avoir chanté cet amour qui me ronge
Je te voudrais tout près, après nous sommes prêts

A tant t’imaginer, mon petit, petit tout
Mon petit tout géant dans ma petite tête
A tant t’envisager, vie sage pour un fou
Je te veux aujourd’hui, vie folle mais honnête

A tant t’attendre encor, déjà, surtout, pourtant
Pour tant d’amour latent, attendri et fou d’elle
A tant m’impatienter de passions contre temps
Je te vois, là, en elle, ton berceau et mon ciel